Ensuite, après un gros plan sur plusieurs corps empilés, la caméra filme un peu plus loin une interminable ligne de dizaines de corps gisant côte à côte, face contre le sol. Une dizaine d'hommes, qui semblent être des habitants de la région, les regardent.
Selon M. Abdel Rahmane, les soldats abattus par balles ont été capturés lors de la prise de la base 17 à Raqa fin juillet, de celle de l'aéroport militaire de Tabqa dimanche dans la même province, et lors de leur fuite de l'aéroport vers la localité d'Esraya, plus au sud.
Après leur prise dimanche de la base de Tabqa, dernier bastion aux mains du régime à Raqa, les jihadistes contrôlent toute la province.
Dans l'est de la Syrie, près de Deir Ezzor, des chasseurs bombardiers syriens ont tué "plusieurs chefs de l'EI, religieux et militaires dans un raid du régime sur une maison où ils étaient réunis", a indiqué M. Abdel Rahmane.
Les jihadistes de l'EI occupent désormais le premier plan du conflit en Syrie qui a fait plus de 190.000 morts depuis mars 2011 selon l'ONU. L'EI y combat aussi bien les rebelles que le régime et la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra.
Ce conflit avait commencé par la répression sanglante de manifestations pacifiques contre le régime, poussant à la rébellion armée qui a dégénéré en guerre généralisée. Cette rébellion a été affaiblie par l'arrivée des jihadistes.
Ailleurs en Syrie, près de la localité de Qouneitra sur le plateau du Golan à la frontière avec Israël, 43 Casques bleus de l'ONU originaires de Fidji sont retenus et 81 autres appartenant au contingent philippin sont "empêchés de quitter leurs positions" dans deux localités de la région, a indiqué l'ONU.
Le Conseil de sécurité a attribué ces incidents à des groupes considérés comme "terroristes". Les Casques bleus fidjiens de la Force de l'ONU chargée de l'observation du désengagement (FNUOD) entre la Syrie et Israël, ont été capturés après des combats entre l'armée et des groupes rebelles, dont le Front Al-Nosra.
- Obama réunit son Conseil de sécurité -
Pour contrer la montée en puissance de l'EI dans la région, le président français François Hollande a appelé la communauté internationale à préparer une réponse "humanitaire et militaire", mais a refusé toute coopération avec le régime de Bachar al-Assad accusé d'être "l'allié objectif des jihadistes".
M. Obama, qui a lui aussi exclu toute coordination avec le régime syrien et a envoyé des missions de reconnaissance aérienne en Syrie, devait s'exprimer à 20H00 GMT après avoir réuni son Conseil de sécurité nationale.
Les Etats-Unis envisagent d'éventuelles frappes aériennes contre l'EI en Syrie, comme ils l'ont fait en Irak pour aider les forces kurdes et irakiennes à gagner du territoire dans le nord du pays.
En Irak, l'armée appuyée par des miliciens chiites tentaient de desserrer l'étau autour d'Amerli, une ville chiite turcomène à 160 km au nord de Bagdad assiégée depuis plus de deux mois par l'EI et dont les habitants manquent de produits de première nécessité.
Selon un responsable au Pentagone, les États-Unis envisagent une intervention qui pourrait prendre la forme de largages humanitaires et/ou de frappes contre les insurgés.
AFP