La Jordanie prend des risques en participant aux côtés des Etats-Unis aux frappes contre les groupes extrémistes en Irak et en Syrie, deux pays voisins du royaume hachémite, préviennent des analystes.
Aux côtés de quatre Etats du Golfe, dont l'Arabie saoudite, Amman s'est placé cette semaine aux premiers rangs des pays arabes s'impliquant dans la coalition initiée par Washington pour "détruire" le groupe Etat islamique (EI).
Il a annoncé mardi avoir participé activement aux premiers raids sur le sol syrien, affirmant sa volonté de partager "les efforts pour vaincre le terrorisme dans ses bases".
Son aviation a "détruit un certain nombre de cibles de groupes terroristes qui ont l'habitude d'envoyer leurs éléments en Jordanie pour y commettre des actes de sabotage", a précisé l'armée.
Elle a de nouveau "mené une frappe" mercredi sur une cible de l'EI, selon des responsables américains.
Une telle implication provoque l'inquiétude dans un pays qui partage des frontières avec la Syrie et l'Irak et accueille plus de 500.000 réfugiés.
Amman s'est embarqué "dans un guêpier sans qu'il y ait de véritable menace nécessitant une telle intervention", estime le politologue jordanien Labib Kamhawi.
"La Jordanie n'a aucun intérêt à entrer ainsi au cœur de la zone de danger, les responsables ayant assuré à plusieurs reprises que l'EI ne constituait pas une menace pour la sécurité du pays ni sa stabilité", selon lui. "Pourquoi alors, avons-nous envoyé nos avions pour frapper des cibles en Irak et en Syrie?".
- Allié clé de Washington -
Comme d'autres experts, il met en garde contre le "danger de représailles" qui pourraient être menées "pour punir la Jordanie".
Ce risque est également mis en avant par les Frères musulmans, la principale force d'opposition. Leur numéro deux, Zaki Bani Irsheid, a affirmé le refus de la confrérie de toute "ingérence étrangère dans les affaires arabes et islamiques ainsi que la participation de la Jordanie à ces frappes".
"Certaines cellules pourraient mener des attaques en représailles", prévient aussi Hassan Abou Hanieh, expert des groupes islamistes. Il rappelle le précédent des attentats suicide perpétrés par des membres d'Al-Qaïda contre trois hôtels d'Amman qui avaient fait 60 morts.
Les services de la sécurité jordanienne ont d'ailleurs annoncé dimanche la récente arrestation de onze membres de l'EI accusés de préparer des attentats "contre des institutions vitales afin de semer l'anarchie dans le pays".
Pour Hassan Abou Hanieh, "la Jordanie est désormais dans une zone de danger, l'EI ayant appelé ses partisans à travers le monde à mener des attaques contre les Etats-Unis et ses alliés".
La Jordanie est traditionnellement un allié clé des Etats-Unis au Moyen-Orient et bénéficie d'une aide économique et militaire importante de ce pays. Washington a déployé plus d'un millier de militaires dans le royaume, lié par ailleurs à Israël par un traité de paix signé en 1994.
Sur le plan politique intérieur, une vingtaine de députés ont demandé début septembre au gouvernement de ne pas impliquer le royaume dans un conflit contre l'EI.
"Il faut rester à l'écart d'une coalition qui mène une guerre servant uniquement les intérêts américains", a estimé le député indépendant Nafez Khalil Attia.
Le roi Abdallah II a exprimé ses regrets que les Etats-Unis ne soient pas intervenus plus tôt en Syrie. La montée de l'EI "aurait pu être évitée si la communauté internationale avait travaillé plus dur, ensemble, pour s'assurer que le financement et le soutien aux premiers groupes (islamistes) en Syrie ne puissent pas prendre l'étendue qu'ils ont eue", a-t-il déclaré à la chaîne américaine CBS.
Ce risque est également mis en avant par les Frères musulmans, la principale force d'opposition. Leur numéro deux, Zaki Bani Irsheid, a affirmé le refus de la confrérie de toute "ingérence étrangère dans les affaires arabes et islamiques ainsi que la participation de la Jordanie à ces frappes".
"Certaines cellules pourraient mener des attaques en représailles", prévient aussi Hassan Abou Hanieh, expert des groupes islamistes. Il rappelle le précédent des attentats suicide perpétrés par des membres d'Al-Qaïda contre trois hôtels d'Amman qui avaient fait 60 morts.
Les services de la sécurité jordanienne ont d'ailleurs annoncé dimanche la récente arrestation de onze membres de l'EI accusés de préparer des attentats "contre des institutions vitales afin de semer l'anarchie dans le pays".
Pour Hassan Abou Hanieh, "la Jordanie est désormais dans une zone de danger, l'EI ayant appelé ses partisans à travers le monde à mener des attaques contre les Etats-Unis et ses alliés".
La Jordanie est traditionnellement un allié clé des Etats-Unis au Moyen-Orient et bénéficie d'une aide économique et militaire importante de ce pays. Washington a déployé plus d'un millier de militaires dans le royaume, lié par ailleurs à Israël par un traité de paix signé en 1994.
Sur le plan politique intérieur, une vingtaine de députés ont demandé début septembre au gouvernement de ne pas impliquer le royaume dans un conflit contre l'EI.
"Il faut rester à l'écart d'une coalition qui mène une guerre servant uniquement les intérêts américains", a estimé le député indépendant Nafez Khalil Attia.
Le roi Abdallah II a exprimé ses regrets que les Etats-Unis ne soient pas intervenus plus tôt en Syrie. La montée de l'EI "aurait pu être évitée si la communauté internationale avait travaillé plus dur, ensemble, pour s'assurer que le financement et le soutien aux premiers groupes (islamistes) en Syrie ne puissent pas prendre l'étendue qu'ils ont eue", a-t-il déclaré à la chaîne américaine CBS.
AFP

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