Les combattants kurdes et miliciens chiites ont réussi à reprendre la ville de Souleimane Bek, au nord de Bagdad, aux mains des jihadistes depuis près de trois mois.
Soldats irakiens, forces kurdes et miliciens chiites, appuyés par des frappes américaines, ont intensifié ce lundi leurs opérations contre les jihadistes de l’Etat islamique (EI) en Irak, où les violences ont tué au moins 1 420 personnes en août, selon l’ONU.
Au nord de Bagdad, les combattants kurdes et les miliciens chiites, forts de leur succès dans la ville turcomane d’Amerli où ils ont brisé avec l’armée un siège jihadiste de plus de deux mois, ont réussi à reprendre la localité de Souleimane Bek, à une quinzaine de km plus au nord.
«En quelques heures nous avons réussi à sécuriser complètement la ville», a déclaré Hadi al-Ameri, le commandant de la milice chiite Badr à Souleimane Bek, située à 175 km au nord de Bagdad et aux mains de l’EI depuis onze semaines.
A quelques kilomètres de là, les forces kurdes et chiites ont encerclé le village de Yankaja, qu’ils tentent de prendre aux jihadistes en le soumettant à un pilonnage intense.
Avec ces deux succès, les forces irakiennes, aidées des miliciens et des peshmergas, cherchent à reprendre du terrain après leur déroute au début de l’offensive lancée le 9 juin par les jihadistes, qui ont réussi à s’emparer en quelques jours de larges pans de territoire au nord, à l’est et à l’ouest de Bagdad.
L’armée américaine a appuyé l’offensive terrestre par de nouvelles frappes aériennes dimanche, à proximité d’Amerli, dont les habitants manquaient d’eau, de nourriture et de médicaments, et où l’ONU avait dit craindre un «massacre» par l’Etat islamique.
ENQUÊTE DE L'ONU
A Genève, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU débat d’une résolution, soutenue par l’Irak et les cinq membres du Conseil de sécurité, demandant d’urgence une enquête sur les atrocités commises par les jihadistes de l’EI dans ce pays.
«L’EI n’est pas un phénomène irakien mais une présence transnationale qui présente un danger imminent pour tous les pays du monde», a déclaré le ministre irakien des droits de l’Homme, Mohammed Chia al-Soudani, lors d’une réunion extraordinaire du Conseil.
Réputés pour leurs exactions -exécutions, viols- et accusés de «nettoyage ethnique» et de crimes contre l’Humanité par l’ONU, ces extrémistes sunnites sont aussi engagés dans la guerre en Syrie voisine et ont proclamé fin juin un califat sur les régions conquises à cheval entre l’Irak et la Syrie.
Devant la progression de l’EI, des centaines de milliers de personnes ont été chassées de chez elles. Selon l’ONU, 1,6 million d’Irakiens ont été déplacés cette année par les violences, dont 850 000 durant le seul mois d’août, parmi lesquelles un grand nombre de membres des minorités chrétienne, Yézidis et turcomane.
AFP

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