La lutte contre le terrorisme et la criminalité passe par ''une réponse scientifique" incluant une cartographie de la délinquance, a soutenu, vendredi à Dakar, le directeur général de l'Agence d'assistance à la sécurité de proximité (ASP), Papa Khaly Niang.
"A problème scientifique, il faut apporter une réponse scientifique dans un milieu où la criminalité se perfectionne et arrive à un niveau scientifique", a-t-il relevé lors d'une conférence publique sur la criminalité et le terrorisme.
Le DG de l'ASP a préconisé "une réponse scientifique'' à ces deux fléaux à travers "une recherche pluridisciplinaire avec un diagnostic local de sécurité qui doit être mis en œuvre".
Selon lui, cela devrait permettre aux décideurs de disposer d'une "cartographie de la délinquance dans toutes les communes parce qu'avant de répondre à un phénomène, il faut l'observer et analyser avant d'apporter des réponses".
Si l'on en croit Pape Khaly Niang, il n'est par exemple plus possible de "'se passer des technologies de l'information et de la communication pour une rapidité des transactions quotidiennes, alors qu'il y a des problèmes de cybercriminalité".
"Dans le cas de la vente des billets et des réservations sur Internet, on donne son itinéraire, son identité. Si ces données fournies par le voyageur ne sont pas protégées, on est exposé à une criminalité", a-t-il dit.
De l'avis de Papa Khaly Niang, tout dispositif sécuritaire compote différents volets (étatique, privé, citoyen) mais également une dimension scientifique qui permettrait de régler les problèmes de sécurité et de criminalité.
"L'utilisation d'Internet constitue un capital et des solutions non négligeables mais il y a des problèmes avec la cybercriminalité", a jouté le DG de l'ASP. Selon M. Niang, "il est nécessaire d'apporter une réponse scientifique en formant les jeunes pour avoir une police à la dimension des événements en cours".
"Il faut prendre des informaticiens des biologistes et des ingénieurs pour en faire des policiers. C'est ce que la France a fait pour créer l'Académie des Hautes études de la sécurité", a-t-il souligné.
"Le Sénégal l'a fait au moment de l'introduction de l'informatique avec le premier directeur de l'Automatisation du fichier (DAF) du ministère de l'Intérieur issu de la société civile devenu commissaire de police pour s'occuper de ces questions", a expliqué Papa Khaly Niang.
Pour le directeur général de l'ASP, "il faut compter sur les compétences des sociologues, des planificateurs, des médecins légistes, des experts balistiques, entre autres afin d'arriver à une gestion plurielle et multidisciplinaire de la sécurité".
Il a préconisé la mise en place d'un dispositif technique dans les rues et au niveau des frontières pour anticiper sur les questions de la criminalité organisée et du terrorisme.
Le conférencier a émis l'idée d'une ''approche analytique, quantitative de la délinquance au niveau de nos villes parce qu'on ne peut pas lutter contre un phénomène sans pour autant le quantifier pour faire le diagnostic local de la sécurité".
"Après avoir observé, il faut aller à la concertation pour que les questions de délinquance soient étudiées avec l'ensemble des acteurs en partant de la réglementation et de l'encadrement juridique nécessaire", a-t-il soutenu.
Cette perspective nécessite "des ressources humaines" telles que les agents de sécurité de proximité appelés à compléter la police et la gendarmerie, a-t-il ajouté.
"Cela demande des moyens scientifiques, non pas de matériel uniquement, mais de compétences humaines bien formées pour apporter des réponses à la cybercriminalité et au terrorisme", selon Papa Khaly Niang. Il a parlé de la télésurveillance et de la télédétection qui constituent "le noyau dur de la réponse scientifique".
Le Sénégal vient de lancer la loi d'orientation sur la sécurité intérieure. Cette loi est en gestation pour assurer la coordination de tous les acteurs de la sécurité.
Cela justifie la création du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique avec le rattachement de la gendarmerie à ce département, sans compter que la territorialisation des politiques publiques de sécurité relève désormais des compétences du préfet.
La loi sur la sécurité intérieure va permettre de coordonner les aspects sécuritaires en fonction des différents acteurs sur le terrain, a indiqué le DG de l'ASP.
Cette conférence a été initiée par la Rencontre africaine pour al défense des droits de l'Homme (RADDHO) et l'ASP pour expliquer aux agents de sécurité de proximité en formation depuis lundi, les notions de criminalité, de terrorisme et de corruption et la difficulté de mettre en œuvre une bonne politique de sécurité en respectant en même temps les libertés individuelles.
Les intervenants ont insisté sur les instruments juridiques qui gouvernent la criminalité et la corruption.
APS
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