L’Association internationale pour l’information sur la dépigmentation (Aiida) a organisé, hier, à l’intention des députés membres de la Commission Santé de l’Assemblée nationale, une séance de sensibilisation sur les maladies de la peau chez la femme. Face aux méfaits de la dépigmentation artificielle, les parlementaires ont décidé de mener le combat pour la réglementation de l’utilisation des corticoïdes.
Des images de malades souffrant de différentes affections dermatologiques défilent sur l’écran. Infections dermatologiques, vergetures, cancer, etc., les clichés sont tous aussi insoutenables les uns que les autres et arrachent des soupirs de compassion à l’assistance. Pour exposer les méfaits de la dépigmentation aux députés membres de la Commission Santé de l’Assemblée nationale, l’Association internationale pour l’information sur la dépigmentation artificielle (Aiida) s’est voulue explicite. Les images ont choqué. Et c’était l’effet recherché. Mais c’est pour que la question de la dépigmentation artificielle, pratique courante devenue banale, soit considérée comme une priorité de santé publique eu égard aux conséquences graves qu’elle engendre.
Plus de 52 % des femmes se dépigmentent
Aujourd’hui, au Sénégal, selon Fatimata Ly, dermatologue et présidente de l’Aiida, le taux de femmes pratiquant la dépigmentation varie entre 52 et 67 % et elle grève près de 20 % des dépenses des ménages.
Pour mener le combat, les députés sont une cible idéale. C’est ce qui justifie la séance de sensibilisation qui s’est tenue, hier, à l’Institut national d’hygiène ex-Polyclinique. Le Pr Ibrahima Ndiaye, dermato-vénéréologue, a axé son intervention sur l’acné chez la femme, ses manifestations, ses méfaits sur la peau. Le Pr Mame Thierno Dieng est, lui, revenu sur l’épidémiologie des dermatoses des femmes. Citant l’Organisation mondiale de la santé (Oms), il a indiqué que c’est la première demande de soins au monde et le premier motif de consultation au Sénégal.
Auparavant, le Pr Ly s’est appesantie sur les dermatoses infectieuses et sur les troubles pigmentaires. Selon elle, l’une des principales causes de ces affections résulte de l’utilisation des corticoïdes comme produits cosmétiques alors que ce sont des médicaments. « La preuve, ces corticoïdes existent par voie orale ou générale sous forme de comprimés et d’injection. Certaines affections dermatologiques sont traitées par ces dermocorticoïdes. Donc, on les a détournés de leur usage médicamenteux pour en faire des cosmétiques », a-t-elle regretté.
Le mésusage des corticoïdes
Pour mener le combat, les députés sont une cible idéale. C’est ce qui justifie la séance de sensibilisation qui s’est tenue, hier, à l’Institut national d’hygiène ex-Polyclinique. Le Pr Ibrahima Ndiaye, dermato-vénéréologue, a axé son intervention sur l’acné chez la femme, ses manifestations, ses méfaits sur la peau. Le Pr Mame Thierno Dieng est, lui, revenu sur l’épidémiologie des dermatoses des femmes. Citant l’Organisation mondiale de la santé (Oms), il a indiqué que c’est la première demande de soins au monde et le premier motif de consultation au Sénégal.
Auparavant, le Pr Ly s’est appesantie sur les dermatoses infectieuses et sur les troubles pigmentaires. Selon elle, l’une des principales causes de ces affections résulte de l’utilisation des corticoïdes comme produits cosmétiques alors que ce sont des médicaments. « La preuve, ces corticoïdes existent par voie orale ou générale sous forme de comprimés et d’injection. Certaines affections dermatologiques sont traitées par ces dermocorticoïdes. Donc, on les a détournés de leur usage médicamenteux pour en faire des cosmétiques », a-t-elle regretté.
Le mésusage des corticoïdes
La conséquence est que les dermo-épidermiques, c’est-à-dire les complications infectieuses, sont devenues la première cause d’hospitalisation à l’Institut national d’hygiène. « Il ne se passe pas un jour où l’on n’est pas confronté à une complication majeure de la dépigmentation, sans compter les risques réels d’apparition de cancers. Sans perdre de vue aussi que d’autres spécialités, comme les gynécologues, les pédiatres, les endocrinologues, les diabétologues et les cardiologues, sont interpelées », a insisté la présidente de l’Aiida.
Elle a révélé qu’au mois de septembre dernier, l’Oms a sonné l’alerte par rapport à la présence, sur le marché sénégalais, de certains produits comme le glutathion injectable. Or, à en croire la dermatologue, son utilisation comme dépigmentant peut causer des complications et des allergies médicamenteuses graves, dont la plus inquiétante est le syndrome de Lyell qui a un taux de mortalité de 25 %. « On a déjà du mal à lutter avec nos corticoïdes, si maintenant on nous amène ce produit dans le marché, on n’est pas encore sorti de l’auberge », s’est souciée Mme Ly. Ainsi, elle a invité les députés à les appuyer dans leur combat pour la réglementation de l’utilisation de ces produits.
Cet appel a eu un écho favorable puisque la présidente de la Commission Santé de l’Assemblée nationale, Hawa Dia Thiam, s’est dite déterminée, avec ses collègues, à porter le plaidoyer. « Aujourd’hui que nous sommes assez imprégnés des méfaits de la dépigmentation, nous allons maintenant voir les voies et moyens de mettre un frein à la source de ce problème : l’entrée des dermocorticoïdes au Sénégal », a-t-elle déclaré. Cette séance d’information n’est qu’un premier pas. Mais, Mme Thiam a appelé à une synergie dans les actions pour y mettre un terme. « Au-delà d’une loi, ce qu’il faut, c’est d’arrêter ou de réglementer l’entrée des corticoïdes au Sénégal, car c’est déjà interdit par le ministère de la Santé », a-t-elle martelé.
Elle a révélé qu’au mois de septembre dernier, l’Oms a sonné l’alerte par rapport à la présence, sur le marché sénégalais, de certains produits comme le glutathion injectable. Or, à en croire la dermatologue, son utilisation comme dépigmentant peut causer des complications et des allergies médicamenteuses graves, dont la plus inquiétante est le syndrome de Lyell qui a un taux de mortalité de 25 %. « On a déjà du mal à lutter avec nos corticoïdes, si maintenant on nous amène ce produit dans le marché, on n’est pas encore sorti de l’auberge », s’est souciée Mme Ly. Ainsi, elle a invité les députés à les appuyer dans leur combat pour la réglementation de l’utilisation de ces produits.
Cet appel a eu un écho favorable puisque la présidente de la Commission Santé de l’Assemblée nationale, Hawa Dia Thiam, s’est dite déterminée, avec ses collègues, à porter le plaidoyer. « Aujourd’hui que nous sommes assez imprégnés des méfaits de la dépigmentation, nous allons maintenant voir les voies et moyens de mettre un frein à la source de ce problème : l’entrée des dermocorticoïdes au Sénégal », a-t-elle déclaré. Cette séance d’information n’est qu’un premier pas. Mais, Mme Thiam a appelé à une synergie dans les actions pour y mettre un terme. « Au-delà d’une loi, ce qu’il faut, c’est d’arrêter ou de réglementer l’entrée des corticoïdes au Sénégal, car c’est déjà interdit par le ministère de la Santé », a-t-elle martelé.
Le Soleil
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