Face à une besoin pressant d’un système éducatif de qualité et stable à l’aune des Assises nationales de l’éducation et de la formation, Mamadou Ndoye préconise une volonté politique forte dans un contexte où tout est défi. L’ancien ministre de l’Alphabétisation et des Langues nationales qui s’exprimait à l’occasion de la 7ème édition du congrès de l’Union démocratique des enseignants du Sénégal (Uden) est revenu sur les défis persistants du système éducatif dont l’appropriation des réformes par les acteurs doit être une obligation pour la mise en œuvre.

«Ce qui nous manque et qui fait que jusqu’ici on ne peut pas refonder le système éducatif, c’est d’abord une volonté politique forte. Cela nécessite que le leadership politique au plus haut sommet prend les décisions nécessaires et les assurer en faisant des arbitrages politiques et financiers pour que ces réformes aillent de l’avant ». Tels sont les propos de Mamadou Ndoye qui s’exprimait hier, jeudi 9 avril, à l’occasion du 7ème Congrès de l’Union démocratique des enseignants du Sénégal (Uden) à l’Ucad2. Le Secrétaire général de Ligue démocratique est largement revenu dans son exposé sur la situation actuelle de l’offre éducative sénégalaise conformément au thème retenu : «des états généraux de l’éducation aux assises nationales de l’éducation et de la formation : les défis de l’application des conclusions».

Débrayage suivi d’une grève générale

Ce thème trouve toute sa place dans le contexte actuel marqué par des mouvements de contestation des syndicats d’enseignants qui annoncent le cinquième plan d’actions dès le retour des fêtes de Pâques et de la jeunesse. En plus de la rétention de notes et le boycott des cellules pédagogiques, Mamadou Lamine Dianté, coordonnateur du Gcse et Cie observeront un débrayage suivi d’une assemblée générale à partir de mardi 14 avril et une grève totale les 15, 16 et 17 avril. Et ce, en dépit des conclusions des Assises nationales de l’éducation et de la formation qui étaient parties pour relancer l’école sénégalaise en mal de repères depuis une décennie.

Parlant des réformes engagées par les différents gouvernements qui se sont succédé, il est nécessaire pour réussir leur mise en œuvre de trouver «un véritable consensus national qui dépasse les alternances politiques et les changements ministériels». «On construit une réforme dans la durée. Il faut garder les capacités techniques et institutionnelles non seulement au niveau central mais aussi à la base. Sans oublier l’appropriation de la réforme par les acteurs », a t-il poursuivi.

Relevant les perspectives de rénovation du système éducatif, Mamadou Ndoye est revenu sur les défis persistants en soulignant les difficultés de « structuration du système appelée à former des élitistes mais non pas de la qualité pour tous. On peut se réjouir de former de très bons cadres pendant que la moitié de la population est analphabète ».
« Nous nous rendons compte que le véhicule par lequel tout passe est la langue étrangère. L’apprentissage de la Science, de la lecture passe malheureusement sous le prisme de la langue étrangère », a précisé M. Ndoye.

Affirmant sans ambages la plupart des sortants n’ont pas un emploi correspondant à leur formation, Mamadou Ndoye reste convaincu que « l’école publique a été discréditée face à une instabilité du système éducatif qui est à la fois un défi pour les enseignants, les syndicats et les autorités ».

Selon lui, il existe un « décalage entre l’offre qui n’est plus actuelle et une demande actuelle. Nous ne formons ni pour l’entreprenariat et l’auto-emploi pour donner notre économie à une plus-value. Une logique d’offre à une logique de demande ».
Sud Quotidien

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