Elle réclame 1,2 million de kilomètres carrés dans l’Arctique. Dans sa demande déposée ce mardi devant la Commission de l’ONU travaillant sur les limites du plateau continental, la Russie fait valoir qu’au vu des recherches scientifiques, elle devrait avoir la souveraineté sur ce vaste territoire.
#Russia submitted revised application to the #UN seeking expansion of its Arctic shelf border http://t.co/eciVUJQuyp pic.twitter.com/CiGettjKUO
— MFA Russia (@mfa_russia) 4 Août 2015
Ce n'est pas la première fois que les autorités russes font cette demande. En 2001, l’ONU avait réclamé à Moscou d’apporter davantage de preuves pour appuyer sa revendication. Cette demande comprend le pôle Nord et donnerait potentiellement à la Russie l’accès à des dépôts d’hydrocarbures d’un total de 4,9 milliards de tonnes, selon les estimations du gouvernement russe.
Le droit de la mer en vigueur fixe actuellement la zone économique exclusive d’un pays à 200 milles marins (environ 370 km) de ses côtes, lui donnant la souveraineté dans cette zone pour en exploiter les ressources. Au-delà, les eaux sont considérées juridiquement comme étant internationales.
CINQ PAYS SE DISPUTENT LE CONTRÔLE DES RICHES DÉPÔTS DE L’ARCTIQUE
La Russie, les États-Unis, le Canada, le Danemark et la Norvège se disputent ainsi depuis des dizaines d’années le contrôle des riches dépôts de l’Arctique.
Selon le gouvernement russe, les recherches des dernières années, avec notamment une expédition en octobre, démontrent toutefois que les limites du plateau continental russe dans l’Arctique s’étendent bien au-delà des 200 milles marins. La demande de Moscou comprend une partie de la dorsale de Lomonossov, également revendiquée par le Danemark et le Canada, ainsi que celle de Mendeleïev, considérée par la Russie comme étant partie intégrante du continent eurasiatique.
Depuis sa demande de 2001, la Russie a procédé à plusieurs expéditions scientifiques polaires d’envergure pour collecter des preuves devant appuyer ses revendications. En 2007, une expédition a effectué une plongée record dans les profondeurs de l’océan Arctique, plantant symboliquement à cette occasion un drapeau russe au fond des eaux polaires.
UNE DES PRIORITÉS DE LA DIPLOMARTIE RUSSE
Parallèlement, le président Vladimir Poutine a accentué l’attention portée à la question de l’Arctique, établissant une commission spéciale chargée de développer les projets économiques dans la région, tandis que les manœuvres militaires d’ampleur s’y sont multipliées.
La doctrine militaire navale russe a également été modifiée en juillet pour mettre l’accent sur l’importance stratégique de l’Arctique, avec notamment le développement de la Flotte du Nord.
Le ministère russe des Affaires étrangères a de son côté indiqué que la demande russe était une des «priorités» de sa diplomatie et qu’il attendait un examen de la requête à l’automne.
AFP
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