Aujourd’hui, les candidats africains à la migration vers l’Europe sont systématiquement refoulés auprès de leur pays d’origine, tandis que les autres nationalités comme les Asiatiques bénéficient d’un traitement plus favorable. Ulcérée par ce constat, la Cedeao a décidé d’évoquer cette «discrimination» lors du sommet portant sur la migration à Malte prévu les 11 et 12 novembre prochains.

La Cedeao ne supporte plus l’expulsion des migrants africains du sol européen. Pour l’institution sous régionale, c’est une forme de «discrimination» que subissent les Africains au moment où les migrants asiatiques se pavanent sur le vieux continent. Un état de fait que compte dénoncer la Cedeao lors du sommet de Malte prévu les 11 et 12 novembre prochains. D’après Khadim Diop, ministre de l’Intégration africaine, du Nepad et de la promotion de la bonne gouvernance, l’Afrique ne saurait accepter les approches conjoncturelles et réactives qui préconisent la militarisation et l’érection de barricades. «Nous ne pouvons pas tolérer les deux poids deux mesures pour un traitement différencié entre les migrants. C’est le cas actuellement des migrants venus d’Asie et Moyen-Orient, tandis que les Africains sont automatiquement considérés comme des migrants économiques à refouler», a déclaré M. Diop qui présidait hier la réunion ministérielle préparatoire au sommet de Malte consacré à la crise migratoire. Un fait qui est également pointé par Ahmed Hamid, commissaire de la Cedeao au Commerce, des douanes et de la libre circulation. Pour lui, les Européens doivent élaborer leurs politiques migratoires en «synergie» avec les Etats africains et notamment avec la Cedeao qui, à ses yeux, est une zone de transit de migrants.    
Pourtant, dans les rapports Doing Business de la Banque mondiale de ces dernières années, les pays de la sous région ouest africaine ont été régulièrement mieux classés au plan mondial. Mieux, ils ont connu un taux de croissance moyen de 5% depuis 2005. Cependant, des milliers de ses fils empruntent des routes dangereuses menant à l’émigration irrégulière. Dans ce voyage pour rejoindre l’Occident, beaucoup y laissent leur vie. La mort de milliers d’Africains en Méditerranée ces derniers mois en est l’exemple patent. Afin de stopper la saignée, Khadim Diop estime que la Cedeao «doit aborder la levée des contraintes structurelles qui empêchent notre décollage économique véritable».
A noter que la rencontre d’hier visait à intégrer, globaliser, harmoniser et coordonner les stratégies des pays africains et de l’Union européenne en vue de trouver des solutions pertinentes et durables aux problèmes de migration.

Le Quotidien

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