Dans le cadre de la relance et de la réhabilitation du chemin de fer initiées par les Etats du Sénégal et du Mali, les syndicalistes du Sutrail affiliés à la Cnts/Fc, accompagnés des députés Hélène Tine et Moustapha Ndiaye, ont entamé une tournée dans les localités impactées par l’arrêt du chemin de fer. Cela, afin de sensibiliser les travailleurs et les inviter à faire sien le projet.
Le chemin de fer est un outil d’intégration des peuples, soutient Mame Mbaye Tounkara, secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de Transrail (Sutrail) affilié à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Force du changement (Cnts/Fc). C’est pourquoi le syndicaliste s’est réjoui de la vision et de l’engagement du chef de l’Etat de reprendre le chemin de fer avec la signature du projet de réhabilitation de l’axe Dakar-Kidira avec les Chinois pour un montant de 754 milliards de francs Cfa et la réalisation d’un Train express régional (Ter) pour une somme totale de 506 milliards. Cela, selon lui, montre qu’il y a une réelle volonté de réhabiliter le chemin de fer de la part de l’Etat. «C’est d’ailleurs l’une des raisons de la tournée que nous avons entamée avec des députés pour expliquer aux camarades le processus, les informer des engagements que les autorités ont pris pour sécuriser les salaires en mettant un plan d’urgence pour la phase de transition évaluée à 7 milliards de francs Cfa pour la réhabilitation du matériel et l’accompagnement de l’entreprise en attendant la phase de mise en œuvre du schéma institutionnel», déclare le secrétaire général du Sutrail. A son avis, les autorités ont bien piloté le processus de résiliation du contrat de Transrail. Depuis 2010, informe le syndicaliste, «les Etats avaient voulu résilier le contrat, mais ce n’était pas facile, car l’entreprise ne voulait pas quitter les lieux. Cependant, cette affaire est maintenant derrière nous, il reste à voir la mise en œuvre des décisions prises d’ici le 7 mars prochain. Nous les interpellons aussi à la réparation des préjudices causés par l’entreprise (licenciements, affectations arbitraires, défaut de payement des primes des retraités, entres autres)».
3 milliards pour sécuriser les salaires
L’entreprise, dit-il, a causé beaucoup de tort aux travailleurs des chemins de fer. A preuve, souligne Mame Mbaye Tounkara, le montant total des arriérés de paiement des indemnités de retraite des agents de l’entreprise est de près de trois cents millions de francs à ce jour. A ce propos, appelle-t-il l’équipe chargée de piloter la transition à prendre cette question à bras-le corps. M. Tounkara a confié à ses camarades de Tamba que l’Etat a prévu un montant total de 3 milliards de francs pour sécuriser les salaires durant la période de transition. Mieux, ajoute-t-il, il n’y aura aucune perte d’emploi durant cette période transitoire de 90 jours.
Pour ce qui concerne les machines, le syndicaliste s’en est cependant offusqué : «Pour une entreprise ferroviaire qui était à 13 machines, aujourd’hui elle ne compte que 2», s’étrangle Tounkara. Il poursuit : «Le niveau de dégradation du matériel et des infrastructures est très inquiétant, raison pour laquelle l’Etat a prévu ce montant pour mieux sécuriser les salaires.» Heureusement, se félicite-t-il, «l’Etat a prévu un montant de deux milliards dans le cadre du plan d’urgence pour réparer les infrastructures et 1,5 milliard est aussi prévu pour l’achat de pièces pour réhabiliter les machines».
Le Quotidien

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