La loi sur la transplantation va entrer dans une phase opérationnelle prochainement. Les décrets d’application sont en cours de finalisation et la greffe pourra se faire dans notre pays. Un espoir pour les malades qui souffrent de la maladie rénale chronique.

Les personnes atteintes de la maladie rénale chronique vont bientôt pouvoir bénéficier d’une transplantation. Cette loi a été votée à l’Assemblée nationale, il y a quelques mois, pour venir à bout de cette tueuse silencieuse. Face à la presse, à l’occasion de la Journée mondiale du rein célébrée hier, le directeur de la Santé, Papa Amadou Diack, a annoncé que les décrets d’application de cette loi sont en cours de finalisation. L’autre bonne nouvelle ? Les ressources humaines qui assumeront cette transplantation sont également formées à cette tâche. Le plateau technique est disponible, selon le Professeur Bocar Diouf, chef du service de Néphrologie de l’hôpital Aristide Le Dantec. «Nous n’avions pas attendu le vote de la loi pour nous mettre à niveau. Il faudra bien sûr des ajustements, car entre la préparation et la pratique, il y a toujours des réajustements à faire, mais l’essentiel est sur place», rassure le point focal néphrologie au ministère de la Santé.
Après les décrets d’application à finaliser, il sera créé un organe qui va, selon le Professeur Bocar Diouf, gérer et coordonner l’activité de la transplantation rénale. «Cet organe, en accord avec le ministère de la Santé, va agréer l’hôpital qui va transplanter. Il ne s’agira pas de laisser la porte ouverte à tout le monde. Il faudra des agréments en bonne et due forme pour faire la transplantation», souligne l’universitaire.

Deux néphro-pédiatres pour tout le Sénégal
La Journée mondiale du rein a été aussi une tribune pour sensibiliser la population sur l’importance du rein. D’ailleurs, l’accent a été mis sur la sensibilisation, notamment chez les enfants ; d’où le thème de cette année : «Les enfants face à la maladie rénale chronique : agir vite pour prévenir». Pour le Pr Bocar Diouf, les enfants sont les parents pauvres dans la prise en charge de la néphrologie en Afrique. Le Sénégal n’échappe pas à cette réalité. «Cette maladie chez les enfants est un problème que nous vivons au quotidien. Or, notre pays ne dispose que de deux néphro-pédia­tres pour la prise en charge (des enfants)», avance Dr Younoussa Keïta, premier néphro-pédiatre au Sénégal.
La prévalence est difficile à établir chez cette catégorie d’âge. Même si des études hospitalières réalisées à l’hôpital Le Dantec révèlent que sur 10 enfants hospitalisés dans ce service, à peu près 1 à 2 souffrent d’insuffisance rénale, en particulier de la maladie rénale chronique. Dr Keïta évoque aussi les conséquences effroyables de cette maladie sur ces enfants qui souvent vont jusqu’à abandonner leur scolarité à cause des multiples hospitalisations. Il révèle aussi un coût élevé de ces hospitalisations surtout pour les parents qui viennent des régions. «Le sujet malade peut-être hospitalisé 4 à 5 fois dans l’année et les frais d’hospitalisation sont très coûteux», témoigne-t-il. La directrice de la Lutte contre la maladie, Marie Khémes Ngom, répondant à cette préoccupation, a souligné l’impérieuse nécessité de soumettre ce problème à l’agence de la Couverture maladie universelle (Cmu). «Nous pensons aller vers la Cmu, car il y a une bonne tranche d’enfants âgés de 0 à 5 ans atteints de problèmes rénaux et qui demandent une prise en charge», assure-t-elle.
Le Quotidien

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