Quels sont les mécanismes à mettre en place pour favoriser l’implication du secteur privé dans le financement d’infrastructures d’électricité ? C’est une des questions sur lesquelles les participants à la première réunion du Comité scientifique de l’Association des Sociétés d'Electricité d'Afrique (Asea) vont devoir répondre.

Mettre en place un marché continental de l’électricité, c’est l’ambition affichée par l’Association des Sociétés d'Electricité d'Afrique (Asea) qui tient à Dakar la première réunion de son Comité scientifique. Les réflexions vont tourner autour du thème «Promotion de la participation du secteur privé dans les projets énergétiques régionaux». Selon le directeur général de l’Asea, Abel Didier Tella, la réponse au défi d’une énergie électrique plus accessible, abordable et fiable pour les populations africaines passe par une vision continentale. Seulement, souligne le ministre sénégalais de l’Energie et du développement des énergies renouvelables, Thierno Alassane Sall, la taille des marchés nationaux est trop petite pour développer et absorber ces potentialités ; d’où la nécessité de recourir à des financements privés.
Ainsi, pendant deux jours, les dirigeants de 57 sociétés d’électricité de 46 pays africains, réunies au sein de l’Asea, vont réfléchir sur les solutions à mettre en place pour favoriser l’implication du secteur privé. «La coopération est la seule voie de salut pour les pays africains, si nous voulons disposer d’offres d’électricité diversifiées, atteindre des tailles critiques de marchés de l’électricité capables d’attirer le privé dans le financement, la réalisation et la gestion des infrastructures», a souligné M. Sall. A en croire le ministre sénégalais de l’Energie et du développement des énergies renouvelables, «les marchés régionaux commencent à être une réalité dans certaines zones, notamment en Afrique australe».
Il souligne qu’en ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest, la progression doit être plus rapide pour voir l’émergence d’un véritable marché sous-régional en 2019. «Il faut trouver les mécanismes par lesquels le secteur privé va participer davantage au financement des projets d’infrastructures électriques. Cela passe en partie par la mise en commun de ces infrastructures, c’est-à-dire la mise en commun de ces marchés sous régionaux et des marchés africains.» Comme c’est le cas avec les aménagements réalisés par l’Orga­nisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) à travers les barrages de Manantali et Felou. Sous ce rapport, le ministre s’est réjoui de l’expérience sénégalaise. «Le Sénégal a une certaine expérience puisque le cadre législatif et réglementaire nous a permis de mettre en place des contrats d’achat d’énergie qui ont permis à des privés de construire des centrales et à la Senelec de jouer un rôle moins important dans la production. Et le secteur privé est aussi présent dans l’électrification rurale, de façon assez conséquente.»

L’engagement des Etats
Il faut dire que si l’Afrique est un des continents les mieux dotés en matière de sources d’énergie, l’électricité reste encore peu accessible dans de nombreuses régions du fait de l’insuffisance des investissements et des infrastructures de connexion. «Après avoir mis en place les organisations régionales qui doivent développer ce grand potentiel, il faut maintenant réfléchir à la mobilisation des moyens. Or, les Etats, avec toute la bonne volonté, ne peuvent pas mobiliser les financements nécessaires. Donc, on fait appel au secteur privé. Mais le privé n’investit que dans un environnement dont l’Etat garantit la stabilité», souligne Abel Didier Tella. Et de l’avis de Mamadou Mbaye, spécialiste en énergie au Fonds souverain d’investissements du Sénégal (Fonsis), «beaucoup de ressources peuvent être attirées vers le secteur énergétique. Mais les autorités doivent jouer le jeu et respecter leurs engagements». La rencontre de l’Asea sera clôturée par la 9e réunion de coordination du Forum des pools énergétiques d’Afrique.
Le Quotidien

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