L’émission «Grand Jury» de la Rfm avait hier comme invité le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ. Le ministre a saisi l’opportunité pour évoquer, entre autres sujets, la panne de la radiothérapie, le débat sur le franc CFa, les projets de la ville de Dakar, son engagement politique.
Radiothérapie
«C’est une situation difficile. J’ai appris cette panne. Je sais qu’au niveau du ministère de la Santé, des dispositions avaient été prises depuis longtemps. Il y a une commande qui devrait nous permettre d’acquérir deux machines, parce que celle qui est à l’hôpital Le Dantec ne présente plus les caractéristiques de sécurité. Mais il y a eu des difficultés, qui ont fait qu’il y a un retard sur la commande. C’est une affaire qui va être dépassée dans les prochains jours. Toutes les dispositions sont prises par le gouvernement, particulièrement le ministère de la Santé. J’en ai parlé avec le ministre de la Santé, nous avons été reçus par le président de la République pour régler cette question. Il a été retenu que les malades dont les soins nécessitent l’utilisation de cet appareil puissent être pris en charge, même à l’extérieur. Ce ne sont pas des difficultés économiques ou financières. Ce qui s’est passé, c’est que l’hôpital Dalal Diam a été financé sur des capitaux extérieurs. Et pour ce qui concerne l’équipement du centre de cancérologie, c’est la banque arabe de développement de l’Afrique (Bada) qui devait financer cette partie. Il y a eu un problème de transfert lié à l’embargo sur les transactions financières en provenance du Soudan. Ce qui justifie un peu ce retard, qui n’est pas la faute du ministère de la Santé, encore moins du gouvernement. Il y a trois jours, toutes les dispositions ont été prises pour la commande en procédure d’urgence, de trois machines».
Khalifa Sall
«Aucun projet de Khalifa Sall n’est bloqué par le gouvernement. L’emprunt obligataire posait des problèmes, il a été saisi par le ministre de l’Economie et des Finances pour que l’on puisse le soutenir, l’accompagner, parce qu’il y avait un risque pour le Trésor public. Il n’en a pas voulu. Il a fait un recours et a été débouté par les juridictions sénégalaises. Donc, si Khalifa Sall n’a pas pu faire certains de ses programmes, la faute est à rechercher de son côté et non du côté de l’Etat. Par décence, nous sommes dans une République, il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Le lien le plus significatif entre les communes et l’Etat, C’EST à travers le Trésor public. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de parler à un seul percepteur, encore moins au Directeur général du Trésor (…). S’il a des problèmes, il n’a qu’à les chercher ailleurs».
Sonko
«Ousmane Sonko a fait l’objet d’une mesure de radiation, conformément aux textes. Il a deux possibilités. Je pense qu’il a saisi la Cour suprême, qui doit statuer sur ce dossier. Quelle va être la décision de la Cour suprême ? Nous avons une Justice indépendante. Demain, si la Cour suprême devait confirmer la décision prise par le gouvernement, Ousmane Sonko pourrait demander la clémence du président de la République. Je ne peux pas présager de ce que va être la réponse du président de la République, mais je sais que le Président Macky Sall est un homme qui sait pardonner. Et une décision contraire de la Cour suprême signifierait sa réintégration».
FCFA
«Notre appartenance à la zone franc permet aujourd’hui, entre autres, aux pays de l’Uemoa, d’avoir une croissance vigoureuse. Nous avons un cadre macro-économie très assaini au niveau de la zone Uemoa et c’est l’existence d’une monnaie stable qui favorise cette situation. Nous devons travailler sur le réel, mettre en œuvre les réformes, avoir une croissance forte, maîtriser notre déficit avant de parler d’une sortie éventuelle du FCfa. Le Sénégal n’est pas du tout favorable à une sortie du FCfa. Nous avons beaucoup plus d’avantages à être dans la zone franc qu’à en sortir».
Dette
«La dette publique du Sénégal s’élève à près de 5100 milliards FCfa. Aujourd’hui, nous sommes d’accord au moins sur une chose, c’est que la dette n’est pas mauvaise. Il n’y a aucun économiste qui dit qu’il ne faut pas s’endetter. Au moins les économistes sont d’accord que la dette est nécessaire à nos pays. La dette qui est mauvaise, c’est celle utilisée pour faire du fonctionnement. Aujourd’hui, si on devait s’endetter sur le marché à long terme pour payer les bourses, des salaires ou des retraites, là on serait dans une dette mauvaise. Mais si on doit s’endetter pour faire des investissements, si on s’endette avec un taux d’intérêt qui baisse, si on s’endette pour financer les besoins vitaux des Sénégalais, je pense que ça c’est une excellente chose. Maintenant, nous devons être vigilants. Nous avons un ratio d’endettement de 60% du Pib à peu près, par rapport à une limite de 70%. Pour l’essentiel, nous avons une dette multilatérale, une dette très longue. La vitesse à laquelle la dette a crû entre 2006 et 2011 et entre 2012 et maintenant, cela a été divisé par deux. Macky Sall s’est moins endetté, en termes de rythme, que Me Abdoulaye Wade. Là je suis formel».
Politisation de l’administration. «En 2011, j’étais Directeur général des Impôts et Domaines. Il y avait des conseillers techniques du Dg qui, à 13 heures, mettaient leur jean, allaient manifester jusqu’à 15 heures et revenaient faire leur boulot. Donc, je crois que ça ne pose aucun problème d’être dans l’administration des Impôts ou de la Santé et de faire de la politique. Vous ne me direz pas qu’un médecin va refuser de soigner quelqu’un parce qu’ils ne sont pas du même bord politique. La responsabilité est exactement la même. Je pense que les cadres qui font de la politique et qui sont dans l’administration sont capables d’un dédoublement fonctionnel. L’essentiel, c’est de respecter la déontologie. Il s’agit de convictions politiques et syndicales à mettre en œuvre dans la ligne des lois et règlements qui existent dans le pays».
APR
«Je n’ai pas d’ambition politique. Mon souhait c’est de soutenir le Président Macky Sall. Il a souhaité que je fasse de la politique aux Parcelles Assainies, j’y suis allé. S’il m’avait demandé d’aller à Grand Dakar, où je suis né, je serais allé à Grand Dakar».
L’OBS
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