Le Sénégal accentue la traque contre la circulation des armes illicites au Sénégal et dans la sous-région. Les membres de la Commission nationale de lutte contre les armes légères du Sénégal (Comnat-Alpc) ont réitéré leur engagement dans cette voie hier, lors du «lancement officiel des activités de collecte et de destruction des armes à feu». Le financement de cette opération s’élève environ à 180 millions de francs Cfa. Selon Babou Faye, représentant le secrétaire général de la Comnat (colonel Wagane Faye), la Comnat dispose d’un plan d’action national comprenant 65 activités dont la gestion des stocks d’armes et de munitions, la collecte et la destruction des armes obsolètes, le marquage des armes et munitions ainsi que l’harmonisation de la législation nationale. De l’avis de M. Faye, pour l’année 2015, la Comnat envisage de mener, avec l’appui de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Unodc), une campagne de collecte et de destruction des armes obsolètes détenues par les Forces de défense et de sécurité ainsi que celles saisies et stockées dans les greffes des juridictions de jugement.
Le député Cheikh Oumar Sy estime qu’au niveau de l’espace Cedeao, beaucoup de conflits sont animés par la circulation de ces armes. En outre, M. Sy précise que le projet de loi du Sénégal, qui date de 1966 sur la circulation des armes, est obsolète. «Ce nouveau projet de loi prend en compte le marquage pour qu’on puisse savoir exactement d’où proviennent ces armes et leurs destinations. Nous sommes prêts à voter ce projet de loi d’autant plus que nous -la commission des lois- avons participé dans le processus de réflexion et de partage pour accompagner le ministère des Forces armées dans le cadre de la collecte de ces armes», soutient-il. Pour Augustin Tine, ministre des Forces armées, il s’agit de réduire le nombre d’armes en circulation au Sénégal.
D’après Pierre Lapaque, représentant sous-régional de l’Unodc, les armes circulent librement au sein de la Cedeao. «L’Afrique de l’Ouest est autosuffisante en matière d’armes. Donc, elle n’a plus besoin de les importer. Sous ce rapport, il est absolument fondamental que chaque pays de la Cedeao se sente responsable et complètement impliqué dans le cadre de cette lutte», avance-t-il. M. Lapaque ajoute que des armes traversent les frontières en toute illégalité. Pour faire face à cette situation, le représentant de l’Unodc indique qu’ils ont remis, avec le soutien de l’Union européenne, du Japon, trois machines de marquage et des accessoires aux autorités sénégalaises.
Le Quotidien
