Les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), profondément effrayés par les séries de grève du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes), appellent tous les acteurs du monde universitaire à s’asseoir autour d’une table de négociation pour éviter une session unique.

La belle ambiance ne quitte jamais l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar : une foule d’étudiants, composée de bandes d’amis, est sur le hall du nouveau bâtiment de la Faculté des lettres. A 12h 30, les rayons du soleil se projettent et s’écrasent sur la façade du bâtiment. Sous cet édifice imposant, les discussions vont bon train : Les étudiants animent les lieux.

Et ils sont libres de tout mouvement. A la question de savoir pourquoi vous êtes tous là ?

Un étudiant, de taille moyenne, sac noir à la main gauche, rétorque : «Je viens tout juste d’arriver. Je crois savoir que c’est à cause de la grève des enseignants du supérieur. Les étudiants viennent tous les jours, mais ils ne font pas cours.» A quelques mètres de lui, non loin du département de philosophie,

des étudiants, assis par petits groupes dispersés sous l’ombre des arbres, s’adonnent à des échanges ininterrompus. Moussa Sagna, étudiant en première année, est apeuré par les grèves du Saes. Vêtu d’une chemise blanche et d’un pantalon noir, cartable noir à la main, il livre ses vérités : «tous les étudiants sont inquiets, notamment nous les nouveaux bacheliers. La situation est décourageante, alarmante. Il y a des étudiants qui payent le transport pour venir ici sans faire cours. Aujourd’hui, beaucoup de mes amis ne sont pas venus du fait de ces grèves.»

A ses yeux, les enseignants ne sont pas fautifs. Il pointe du doigt l’Etat qui, d’après lui, a la responsabilité de faire en sorte que les professeurs d’université soient mis dans de très bonnes conditions de travail.

Très en verve, M. Sagna, qui manipule son portable, soutient : «cette année, j’ai vraiment peur qu’il ait une session unique à cause de ces grèves permanentes. Les professeurs peuvent même nous évaluer sur des choses que nous n’avons jamais vues ou entendues. Et si la grève continue, nous allons vers le chaos.»

Au département de philosophie, des étudiants forment une queue qui converge vers le bureau du secrétaire dudit département. D’autres, traînent dans les couloirs. Ici, il est très difficile de voir un professeur déambuler dans ces couloirs qui, pourtant, mènent vers leurs bureaux. Al Housseynou Magassy, président du Club de philosophie, qualifie ces mouvements de grève d’«incivisme» qui, dit-il, cherchent à hypothéquer l’avenir des étudiants.

Le coordonnateur des clubs de la Faculté des lettres, habillé en super cent, cravate autour du cou, informe : «aujourd’hui, les choses bougent dans la mauvaise direction ici. La Loi-cadre n’arrange pas les professeurs, de même que les étudiants. Elle est faite pour le compte du gouvernement. C’est une manière pour le gouvernement d’avoir une main mise sur l’ensemble des départements, de réduire l’autonomie des universités.»

Pour faire face à ces grèves, M. Magassy et ses camarades demandent à tous les professeurs du Saes, le personnel du ministère de l’Enseignement supérieur de se retrouver autour d’une table de négociation pour assurer un meilleur avenir aux étudiants. Al Housseynou

Magassy est traumatisé par les souvenirs de l’année dernière : «Plus de 22 mille étudiants ont ‘’cartouché’’ à cause des grèves».
Le Quotidien

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