Le Rwanda, dont la chambre des députés a adopté jeudi un projet de réforme de la Constitution permettant à Paul Kagame de briguer un 3e mandat en 2017 s'ajoute à la liste des Etats africains modifiant leur Constitution pour permettre à leurs dirigeants de se maintenir au pouvoir.
De nombreux présidents ont réussi l'opération, comme le Burundais Pierre Nkurunziza, d'autres ont échoué, à l'exemple du Burkinabè Blaise Compaoré.
Tentatives réussies:
BURUNDI: La candidature en avril 2015 de Pierre Nkurunziza à un 3e mandat, considérée par l'opposition comme contraire à la Constitution, a plongé le pays dans une grave crise, marquée par des manifestations étouffées via une sanglante répression et une tentative déjouée de coup d'Etat. Nkurunziza a été reconduit au pouvoir en juillet, lors d'une présidentielle jugée non crédible au niveau international.
DJIBOUTI: En avril 2010, le Parlement, entièrement acquis à la cause d'Ismaël Omar Guelleh, a adopté une révision constitutionnelle supprimant toute limitation au nombre de mandats présidentiels. Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a pu briguer un 3e mandat en 2011.
ALGERIE: En novembre 2008, le Parlement a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux en plébiscitant un projet de révision de la Constitution. Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été réélu en 2009 puis en 2014.
CAMEROUN: En avril 2008, l'Assemblée a adopté une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a été réélu en octobre 2011 pour un 6e mandat.
OUGANDA: En juillet 2005, une réforme de la Constitution a supprimé toute restriction sur le nombre de mandats pour le chef de l'Etat. Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, a été réélu en 2006 puis en 2011.
TCHAD: En juin 2005, une révision constitutionnelle adoptée lors d'un référendum controversé a supprimé la limitation à deux quinquennats présidentiels. Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, a été réélu en 2006 puis en 2011.
TOGO: En décembre 2002, un amendement à la Constitution fait disparaître la limite de deux mandats présidentiels maximum, permettant à Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 1967, de briguer un nouveau mandat en 2003.
En février 2005, après son décès, une modification de la Constitution a permis à son fils, Faure Gnassingbé d'être investi président. Faure Gnassingbé a été réélu pour un 3e mandat en avril 2015.
ZIMBABWE: Une nouvelle Constitution adoptée en 2013 a permis à Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, de se porter candidat à la présidentielle, qu'il a remportée.
ANGOLA: L'adoption en 2010 d'une modification de la Constitution prévoyant l'élection du président au suffrage indirect, par les députés, a permis à José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979, d'être investi en 2012 après la victoire de son parti aux législatives.
Tentatives avortées:
Au BURKINA FASO, en octobre 2014, l'annonce d'un projet de révision constitutionnelle qui aurait permis à Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de se représenter, a jeté des centaines de milliers de Burkinabè dans la rue. Des émeutes ont ébranlé le pays et Compaoré a dû abandonner le pouvoir.
En ZAMBIE, Frederick Chiluba a dû y renoncer en 2001 sous la pression populaire et au MALAWI, le Parlement s'est opposé en 2002 à ce que Bakili Muluzi brigue un 3e mandat en 2004.
Tentatives en cours:
RWANDA: Les députés ont adopté jeudi un projet de réforme de la Constitution permettant à Paul Kagame de briguer un 3e mandat en 2017. Une fois adoptée par le Sénat et par voie référendaire, cette réforme constitutionnelle permettrait en théorie à Kagame de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2034.
CONGO: Lors d'un référendum vivement contesté par l'opposition, une nouvelle Constitution a été adoptée dimanche, avec un article précisant que le mandat présidentiel, de cinq ans, est renouvelable deux fois, et supprimant toute limite d'âge pour se présenter. Deux dispositions qui permettront au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016.
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Joseph Kabila, arrivé au pouvoir par succession monarchique à la mort de son père Laurent-Désiré Kabila en 2001 ; est soupçonné par l’opposition de chercher à contourner l'interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter en 2016, et entretient le doute sur ses intentions et son avenir politique. Elu en 2006 lors des premières élections libres depuis l’indépendance du pays en 1960, il a été réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin entaché d’irrégularités massives à l’origine de la crise politique que traverse le pays.
AFP
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