Le budget du Conseil départemental de Thiès pour l’année 2016 est arrêté à 412 millions de franc Cfa. Mais dans le fonctionnement, estime le président du Conseil, Idrissa Seck, ce budget est organisé autour des recettes que l’Etat alloue à l’institution. Des recettes qui tournent autour de 140 millions de francs Cfa. Une somme, de l’avis de l’ancien Premier ministre sous Wade, qui révèle toutes les difficultés attachées à l’Acte 3 de la décentralisation et qui couvre à peine la masse salariale. Et pour lui, «une fois que cette masse salariale est payée, nous n’avons aucun centime pour financer nos obligations légales, même pas la tenue des sessions ordinaires du Conseil départemental.
Puisque chaque session coûte 5 millions de francs alors que l’Etat nous fait l’obligation par la loi d’en tenir 4 par an, soit une enveloppe financière de 20 millions. Sans compter la session budgétaire qui dure au moins 10 jours et qui nécessite une enveloppe de 30 millions. Voilà la situation et je ne parle même pas des autres charges de fonctionnement à savoir l’électricité, le téléphone…». Pour dire, selon l’ex-maire de Thiès, que «nous sommes sous une contrainte budgétaire extrêmement forte».
Concernant l’investissement, indique Idrissa Seck, «l’Etat nous donne 59 millions de francs Cfa. Soit 93 francs par Thiessois par an pour s’occuper de l’éducation, de la santé, de l’environnement et de l’ensemble des 9 compétences transférées. Cela veut dire que l’Acte 3 de la décentralisation qui a institué le Conseil départemental ne peut pas favoriser le développement. Pour tout le reste, nous devons chercher ailleurs auprès des partenaires extérieurs, et des entreprises locales qui opèrent sur le territoire départemental. Fort heureusement, nos efforts n’ont pas été vains, puisque là où l’Etat nous donne 59 millions, nous avons pu avec un partenaire italien obtenir 114 millions, presque le double des fonds de dotation». Par ailleurs, souligne-t-il, les fonds de dotation estimés à 140 millions et ceux de concours estimés à 59 millions font au total 199 millions. Une somme, qui de l’avis de Idrissa Seck, ne fait pas les 412 millions prévus dans le budget 2016. Ainsi, espère-t-il, «nous avons l’espoir que, par ce genre d’efforts, nous pourrons trouver des ressources additionnelles qui nous permettront de couvrir d’autres dépenses d’investissement, parce que nous avons des projets importants, notamment dans le secteur de l’éducation avec l’ambition de doter avant la fin de notre mandat, chaque commune d’un lycée si les inspecteurs d’académie nous en donnent l’autorisation. Le secteur de la santé aussi est une sur-priorité ainsi que celui de l’environnement, puisque nous avons une forêt classée extrêmement importante».
Le Quotidien

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