Il y a fort à craindre que les deux coalitions de l’opposition finissent par laisser des plumes dans le dialogue pour n’avoir pas eu la même lecture sur la question.
Le coup d’envoi du dialogue national a été donné. Après que le Pds et quelques partis membres du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) ont répondu à l’appel de Macky Sall, quelles conséquences pour cette coalition de l’opposition ? Pour étouffer toutes velléités de division, les leaders concèdent que chaque parti est libre de ses choix. Mais, au fond, cette divergence au sein de l’opposition installe un malaise. C’est dans les précisions que l’évidence apparaît. «Les partis sont souverains et libres de prendre les positions qui leur semblent bonnes. Nous avons jugé bon de répondre à ce dialogue. Ce qui n’est pas le cas chez certains de nos collègues de l’opposition. Ils ont leurs arguments et on les respecte. C’est tout», a déclaré le secrétaire général adjoint du Pds Oumar Sarr, samedi, peu avant le lancement des concertations. Cheikh Bamba Dièye, un autre membre de Gor ca wax ja qui regroupe le Pds, Rewmi, Bokk gis gis, Ucs, Grand parti, etc., dit «comprendre» la position des autres. «Depuis 4 ans, ce régime a refusé le dialogue. C’est pourquoi certains n’ont pas cru à la sincérité de ces concertations», a dit le leader du Fsd/Bj qui a pris la parole au dialogue. Le coordonnateur du Fpdr flaire-t-il une scission ? Mamadou Diop Decroix dit : «Les positions différentes des uns et des autres par rapport à l’appel du président de la République ne devraient en aucun cas venir perturber le plan d’actions et les objectifs déjà arrêtés, même si nous devons rester ouverts à un dialogue réellement constructif et réellement productif.»
Les boycotteurs, grands perdants
L’on saura si cet appel au dialogue, qui a mis un coup de pied dans cette fourmilière de l’opposition, déteindra sur l’atmosphère. Pourtant la poursuite de l’unité -même conjoncturelle- qui avait prévalu au référendum, donnant un score non négligeable du «Non», pouvait bien donner d’autres résultats aux Législatives. Ce n’est pas vendre la peau de… l’opposition avant de l’avoir tuée. Mais il y a de quoi craindre une méfiance et un manque de confiance entre les parties prenantes. Le Pds a dit ses vérités à Macky Sall et les autres pouvaient bien le faire. C’est un choix, mais qui va peser dans les négociations surtout concernant les questions purement politiques ou électorales. Les boycotteurs, en principe, ne devraient pas donc participer aux rencontres avec le ministre de l’Intérieur sur les sujets comme les modifications du Code électoral, l’audit du fichier, le statut du chef de l’opposition, les partis politiques et leur financement. Ce sont pourtant des points versés au dialogue et qui les concernent directement d’autant plus qu’ils sont de ceux qui ont dénoncé un «manque de transparence et de fiabilité» du processus électoral. A moins de rejoindre le Pds, Idrissa Seck, Decroix, Gackou, Pape Diop et autres pourraient être les perdants puisqu’ils seraient de simples observateurs des questions d’intérêt national. Mais surtout politique.
Le Quotidien
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