Elles attendent avec impatience le dédommagement promis depuis belle lurette. Lasses, les personnes impactées par le tracé de l’autoroute s’en sont ouvertes à leur maire qui est monté au créneau pour demander à l’Etat de respecter ses promesses. Non contente de cette posture du maire, l’Ageroute remet les pendules à l’heure et dégage sa responsabilité sur ces manquements qui sont imputables aux populations concernées.
L’autoroute Ilaa Touba fait encore parler d’elle. Cette fois-ci, c’est l’édile de Taïba Moutoupha qui est monté au créneau pour fustiger la démarche de l’Agence des travaux et de gestion des routes (Ageroute), maître d’ouvrage de ce projet. Ibrahima Ndour dit ne pas comprendre que cette structure traîne les pieds dans le paiement des personnes impactées par le tracé de l’autoroute. Face à la presse, il n’a pu cacher sa colère : «Ma préoccupation, c’est toutes ces familles, tous ces villageois qui, depuis deux ans, n’ont pas cultivé leurs terres et n’ont pas été dédommagés. La situation devient intenable. Nous avons dialogué, nous avons communiqué, nous avons rassuré, mais aujourd’hui, ces familles qui n’ont plus de champs à cultiver, qui ne sont pas dédommagés, sont dans le désarroi. En tant que maire, je suis solidaire de toutes ces familles-là qui attendent encore le dédommagement. Ce n’est pas normal qu’on prenne leurs champs pendant deux ans, qu’on leur interdise de cultiver et que 24 mois après, elles attendent encore leur dédommagement.» Et le maire de Taïba Moutoupha de poursuivre : «Je pense que c’est une situation qui est extrêmement difficile. Nous lançons un appel à l’Etat et à l’entreprise pour leur dire de tenir leurs promesses par rapport à ces familles, ces paysans qui n’avaient que leurs terres et leur force de travail et qui aujourd’hui ne savent pas véritablement à quel saint se vouer. Il faut que l’Etat fasse des efforts pour dédommager ces familles et que cette question-là soit définitivement réglée et qu’on passe à autre chose. Toutes ces familles, au moment où leurs paires récoltent l’arachide et le mil, ne récoltent rien et attendent que l’Etat leur donne ce qu’il leur doit.»
Du côté de l’Ageroute, Cheikh Sakho Ndiaye, le chargé de la libération des emprises sur les sections de Diourbel, Bambey et Mbacké, joint par téléphone, déplore les déclarations du maire de Taïba Moutoupha qui, selon lui, «a été toujours associé. L’Ageroute a eu dès le début une démarche inclusive dans le cadre de la gestion de ce projet. Tout ce qui a été fait, l’Ageroute l’a fait avec les préfets et les maires des zones concernées.» Interpellé sur le non-paiement de certaines personnes impactées par le tracé de l’autoroute, l’interlocuteur du quotidien renseigne : «A ce jour, 95% des personnes impactées par le tracé de l’autoroute ont été dédommagés. Sur les 2 000 personnes impactées par le tracé de l’autoroute, 1 700 ont déjà reçu leur argent. Les 5% restant le sont, ou soit elles ont été omises par les commissions de recensement ou bien par le fait qu’elles ne disposent pas de papiers administratifs. Même pour ces cas, l’Ageroute a cherché des solutions. Sa responsabilité ne peut être engagée.» Toutefois, poursuit Cheikh Sakho Ndiaye, «on est en procédure de régularisation de tous ceux qui avaient été omis. On ne peut pas traiter cette affaire au cas par cas. Nous comprenons l’inquiétude de ces populations».
Pour rappel, le nombre de personnes qui restent à être payées dans le département de Diourbel est de 30. A Bambey, elles sont 50 et à Thiès, environ 120. Cette situation dans le département de Thiès s’explique par la modification du tracé intervenue tout dernièrement.
Le Quotidien
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