Après la lourde défaite (65-43) subie samedi dernier à Bamako, les «Lions» du basket sont rentrés hier à Dakar pour préparer la revanche, samedi prochaine. Mais pour escalader la montagne de 22 points et décrocher la qualification à l’Afrobasket 2015, des changements sont attendus dans la stratégie, mais aussi dans le groupe des 12 «Lions».
C’était le retour au bercail le moins glorieux de Cheikh Sarr et ses hommes. La raclée prise à Bamako laisse encore des stigmates sur les visages des joueurs. Têtes basses, la grisaille dans les rares regards qui se laissent découvrir, les «Lions» franchissent, sans tambour ni trompette, le seuil principal du bâtiment «Arrivée» de l’aéroport de Dakar et s’engouffrent directement dans le bus qui les attendait. Seul l’entraîneur Cheikh Sarr et son capitaine Mouhamet Diop ont eu droit à la parole. L’heure n’est apparemment pas à la palabre, mais au travail pour tenter de renverser la vapeur samedi prochaine. «Faites vite, on va à l’entraînement», rouspète Cheikh Sarr face au protocole du chargé de la communication qui tentait d’organiser la meute de journalistes. «22 points, c’est énorme, concède l’entraîneur. Ce score ne reflète pas le statut du Sénégal sur le plan du basket-ball.» Pour Cheikh Sarr, il faut félicite les Maliens qui, à ses yeux, «y ont mis les moyens et le cœur» pour gagner à domicile. Comme une pique à l’endroit de ses joueurs. Pis, la pilule est d’autant plus difficile à encaisser qu’au premier quart-temps, le Sénégal a dominé son adversaire (13-11). Avant de voir tout le schéma s’effondrer tel un château de cartes. De l’avis de Cheikh Sarr, «ça a dégringolé parce qu’on n’arrivait pas à scorer et le Mali en a profité pour nous contrer. Si on avait mis nos tirs à trois points, on allait dépasser la barre des 80 points. C’est là où se trouve le flop. Nos extérieurs et nos leaders doivent arriver à scorer parce que je m’attends à ce qu’ils mettent 15 à 16 points chacun.» La clé pour la manche retour, samedi prochain ? Allez savoir !
Cheikh Sarr a eu une analyse froide de la défaite de samedi dernier. Il livre son mea culpa : «A notre niveau, il y a eu beaucoup de failles, beaucoup d’erreurs qu’on a acceptées et qu’on va corriger. On a beaucoup tiré. Le Mali ne nous a jamais empêchés de tirer. On a joué notre jeu, mais on n’a pas eu de réussite. On a tiré à trois points. On a fait un 4 sur 22. On a tiré 61 fois. Ce que le Mali n’a pas fait. Ils nous ont dominés sous la raquette, où ils ont réussi presque tous leurs paniers. Ils n’ont marqué qu’un seul tir à trois points. Dans la bouteille, les Maliens ont fait un 8 sur 18. Et ça nous a tués.» Dans la stratégie défensive mise en place pour contrer la plus fine gâchette du Mali, le Sénégal aura également péché, selon son entraîneur. «On avait deux pivots capables de défendre sur Mouhamed Tangara, qui est très expérimenté, détaille-t-il. Il a joué la D League (Usa), notamment. C’est un très bon joueur qu’il fallait contrer. Malheureusement, deux de nos joueurs ont atteint la barre des cinq fautes. Il ne restait qu’un joueur inexpérimenté, Adama Lô, qui n’était pas à la hauteur.»
Changement du commando ?
Il n’y a pas d’alternative. Les «Lions» de Cheikh Sarr doivent battre le Mali avec un écart de plus de 22 points pour espérer se qualifier à l’Afrobasket, qui aura lieu en Tunisie au mois d’août 2015. Le technicien en est conscient : «Tout ce qu’on veut, c’est remporter cette manche retour, à domicile. Nous devons prendre toutes les opportunités qui vont se présenter à nous, sur le plan offensif. On va jouer au basket et essayer de battre cette Equipe du Mali, chez nous», assure-t-il. Quid de la nécessité ou non de renforcer son équipe avec des expatriés à la hauteur de la mission ? Cheikh Sarr tient à cacher son jeu. A tel point que la séance d’entraînement d’hier soir s’est déroulée à huis clos. «Je ne peux pas parler des renforts, parce que je ne veux pas donner des ficelles à l’adversaire qui risquerait de se préparer en conséquence. On est en train d’analyser la situation pour voir les possibilités que nous avons», consent-il, tout juste, à révéler. «C’est vrai qu’il y a 10 joueurs locaux dans le groupe qui a fait le déplacement au Mali, renforcés d’un expatrié professionnel et d’un autre universitaire. C’est ce qu’on a, parce que les autres n’étaient pas disponibles. Je ne sais pas comment le Mali a fait pour amener ses joueurs. On a demandé à ce que nos expatriés viennent, mais ils ont des matches. Ensuite, le planning de la Fiba a un peu amené des difficultés», se désole le coach.
Etudier les possibilités de renforcer le groupe
Etudier les possibilités de renforcer le groupe
Pour le Comité de normalisation du basket-ball sénégalais, cette idée n’est pas à écarter. Le renforcement de l’équipe reste dans la mesure du possible, rassure Serigne Mboup, président du Cnbs. «L’encadrement technique avait déposé une liste de 25 joueurs sur laquelle on compte plusieurs de nos professionnels évoluant à l’étranger. Si l’encadrement technique pense qu’il faut se renforcer, naturellement notre devoir est de faire en sorte que cela soit possible. En tenant compte des possibilités qu’offre le règlement et des disponibilités des uns et des autres. Le règlement Fiba étant ce qu’il est, il est difficile d’avoir tous ces joueurs. Mais nous sommes à la disposition de l’encadrement technique. Et les joueurs ont le sens du patriotisme et sont prêts à répondre présents. Le ministère des Sports a mis les moyens pour que nous puissions faire venir tous les joueurs qui seront sollicités et qui seront disponibles, conformément au règlement. Si le coach le souhaite et si ces joueurs répondent favorablement, nous aurons les moyens de les faire venir, parce que toutes les dispositions sont déjà prises. On a déposé une liste de 25 joueurs sur laquelle on avait mis tous les joueurs potentiels de notre équipe», promet Serigne Mboup. En attendant, Cheikh Sarr et ses 12 hommes n’ont pas perdu de temps pour rentrer de plain-pied dans la préparation de la manche retour, prévue samedi prochain, au stadium Marius Ndiaye. Là, ils n’auront plus droit à l’erreur. Ça passe, ou ça casse.
L'OBS

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