Dans le sprint final d'une élection américaine toujours indécise, la lutte sans merci entre Hillary Clinton et Donald Trump s'est encore durcie sur fond d'attaques personnelles d'une rare violence et d'incessants procès en incompétence.

Le candidat républicain a de nouveau sorti l'artillerie lourde mercredi, à six jours de l'élection: sa rivale démocrate risque de provoquer une "troisième Guerre mondiale" si elle accède à la Maison Blanche et s'est rendue coupable d'avoir laissé entrer aux Etats-Unis "les plus dangereux et violents clandestins" quand elle était à la tête de la diplomatie américaine.

"Elle n'a pas de bon sens, elle n'a aucune intuition", a-t-il encore lancé dans l'Etat-clé de Floride qu'il va sillonner tout au long de la journée et où ses meetings devraient de nouveau résonner d'appels à mettre son adversaire démocrate "derrière les barreaux".

Son équipe de campagne avait donné le ton en accusant mercredi Mme Clinton d'avoir "constamment placé les intérêts de son porte-feuille (...) avant ceux des Américains".

Attaquée sur sa probité depuis des mois, la candidate démocrate a elle aussi décidé de lâcher ses coups alors que son avance dans les sondages s'est réduite depuis la relance surprise de l'enquête sur ses emails vendredi dernier.

Donald Trump "a donné la preuve qu'il n'a pas le tempérament et les qualifications pour être président", avait lâché mardi celle qui, à 69 ans, ambitionne de devenir la première femme présidente des Etats-Unis.

En déplacement mercredi sur les terres républicaines du Sud-Ouest (Nevada, Arizona), la candidate démocrate devrait de nouveau s'en prendre sans ménagement à celui qu'elle accuse d'avoir "passé sa vie à dénigrer, dégrader, insulter et agresser les femmes".

- Rôle trouble du FBI -

Ce climat délétère sans précédent dans une campagne aux Etats-Unis est encore électrisé par le trouble rôle joué par le FBI et par les cascades de révélations de la presse ou du site WikiLeaks.

Le patron du FBI, James Comey, déjà sur le grill pour avoir décidé de relancer l'enquête sur le serveur privé de Mme Clinton quand elle était à la tête du Département d'Etat (2009-2013), est aujourd'hui accusé par le camp démocrate de passer sous silence les "connexions" supposées de Donald Trump avec la Russie.

Le président américain Barack Obama lui a administré un subtil tacle en affirmant mercredi que les enquêtes du FBI ne devaient pas reposer "sur des insinuations, des informations incomplètes ou des fuites".

La première enquête du FBI, bouclée en juillet, avait conclu qu'Hillary Clinton avait commis "des erreurs" mais "que rien ne méritait de faire l'objet de poursuites judiciaires", a rappelé M. Obama, qui sera de nouveau en meeting pour son ancienne secrétaire d'Etat mercredi à Raleigh, en Caroline du Nord.

Yahoo News a de son côté exhumé une vidéo de 1988 semblant révéler une certaine proximité entre Donald Trump et une figure réputée de la mafia, Robert LiButti.

Dans un registre moins sulfureux, le New York Times a révélé mardi que le magnat de l'immobilier avait utilisé, pendant les années 1990, des méthodes flirtant avec l'illégalité pour réduire sa facture fiscale de "plusieurs dizaines de millions de dollars".

- Frénésie des parieurs -

Les enquêtes d'opinion publique donnent toujours l'avantage à la démocrate, mais leur moyenne établie par le site Real Clear Politics ne place plus Mme Clinton qu'à 2,2 points devant son adversaire (45,3% contre 43,1%) au niveau national.

Un nouveau sondage réalisé pour ABC News et publié mercredi donne même les deux candidats à égalité avec 46% des intentions de vote.

L'incertitude persistante sur l'issue du scrutin a plombé mercredi les principales places financières mondiales qui redoutent plus que tout l'arrivée de l'imprévisible M. Trump à la Maison Blanche.

Elle a également dopé l'activité des bookmakers qui se bousculent désormais pour miser sur la victoire du républicain, même si les paris en ligne sont interdits aux Etats-Unis.

Le sentiment des bookmakers s'est d'ailleurs lui aussi retourné: le marché à terme organisé par l'université d'Iowa autour du scrutin - autorisé à des fins académiques - a ainsi vu la probabilité d'une victoire du candidat républicain (au nombre de voix) passer de 9% environ il y a dix jours à 40% lundi.
AFP

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